Dans son livre "Ennemis publics" co-écrit avec BHL, Michel Houellebecq se montre
bizarrement assez ouvert aux théories astrologiques, se réjouissant d'être né le même jour que Victor Hugo, le 26 février. L'excès de réalisme conduit paradoxalement à être plus souple envers les
théories anciennes qui nous offrent des logiques différentes de celles du monde scientifique. Houellebecq confie à BHL : "C'est Nietzsche, je crois, avant de sombrer lui-même, qui suggérait
l'idée que l'homme du futur devrait avoir deux cerveaux : l'un pour la science, l'autre pour le reste". Ce qui n'est finalement pas loin de la réalité, puisque notre cerveau est séparé en deux
hémisphères droit et gauche.
Autre fait intéressant, dans son dernier livre "Le désespoir des singes et autres bagatelles", Françoise Hardy cite Houellebecq sur quelques
échanges qu'ils ont pu avoir sur l'astrologie. D'ailleurs dans un entretien accordé à Françoise Hardy en 1999, Houellebecq avoue "Dans le principe, je ne crois pas à l’astrologie, je reste fidèle
au raisonnement scientifique, etc., mais je trouve que je ressemble davantage au portrait des Poissons qu’à celui des onze autres, ce qui m’arrange bien, car c’est un Signe assez sympa."
Le Poissons, un signe assez sympa ? Rappelons au passage que Houellebecq se sent très proche, tant dans la pensée que dans la sensibilité, de
notre cher philosophe allemand Arthur Schopenhauer. Or coïncidence étonnante : Schopenhaueur est de signe Poissons également, comme notre cher auteur ayant un contentieux à régler avec sa mère
!
Schopenhauer, Houellebecq, Kurt Cobain de signe Poissons également, même topo ?!
A vérifier dans le chapitre du livre Descartes n'était
pas Vierge, intitulé "Schopenhauer, le poisson d'avril", dévoilé ci-dessous.
Pour en savoir plus sur le Poissons, ainsi que sur le livre Descartes n'était pas Vierge et découvrir les philosophes
de votre signe astrologique, cliquer sur le lien suivant :
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Né le 22 février 1788 à Dantzig – 1860, Poissons ascendant Vierge
Le plus pessimiste des philosophes (Philosophe allemand)
La pilule anti-bonheur
Arthur Schopenhauer, vous nous faites peur ! Avec votre regard sévère, vos lunettes à la main, vos cheveux blancs en éventail, nous comprenons
que la vie ne vous ait pas comblé. Mais que vous a-t-elle fait, la vie, pour que vous la haïssiez autant ? Schopenhauer est le philosophe de signe Poissons, le plus pessimiste et le plus glaçant.
Au moins, il a le mérite d'être clair : "La vie oscille comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui".
Le bonheur, selon lui, ne peut pas exister car tout désir, une fois satisfait et neutralisé, n'aboutit à rien. Manger quand on a faim, permet
juste de combler sa faim. Apparemment, Schopenhauer n'a pas pensé qu'en plus de combler un désir, nous pouvions le faire avec plaisir, et éveiller nos papilles gustatives.
Quant à l'amour et la femme, Schopenhauer les déteste car ils assurent la perpétuation de l'espèce, et par conséquent, la reproduction de vies
ennuyeuses. Certains psychologues en ont alors déduit que notre philosophe devait souffrir d'impuissance. Mais, le boudoir ou le divan, sont des concepts trop confortables pour son âme
saillante.
Qu'importe la cause de son pessimisme ou de sa misogynie, il est un pessimiste forcené, un détracteur, un grincheux, un nihiliste, un tueur
d'illusions... Mais sa noirceur est touchante. Son pessimisme est la somme de toutes les frustrations que nous éprouvons parfois sur cette terre. Ainsi, alors que la majorité des êtres humains se
situe au milieu, lui, il a placé le curseur sur "down". Avec lui, pas de chute possible, puisque nous sommes déjà en bas. En fait, il pourrait être rangé dans la catégorie du "loser", qui
s'assume. Pas de pensée fanfaronne, pas de couleurs chatoyantes, dans son univers gris et stable.
Sa conception des femmes peut néanmoins émouvoir, car elle n'est autre que la description de sa mère futile et arrogante.
Arthur, en tant que signe Poissons, il faut savoir que vous avez tendance à être plus sensible à la fin des choses, au néant. Le Poissons
coïncide avec la fin de l'hiver.
Cher Arthur, Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, Poissons également, que vous n'avez pas pu connaître,
est le reflet de votre peur de l'ennui et de la souffrance. D'ailleurs, vous aimez l'idée de Nirvana et la conception bouddhiste de l'existence. Le Nirvana représente pour vous la négation de la
volonté de vivre. En fait, vous êtes un philosophe très "grunge" ! Vous auriez pu porter des jeans troués avec un piercing dans le nez, et chanter "Smells like teen spirit". La musique "Heavy
Metal" vous va à ravir !
Schopenhauer aurait aussi aimé l'indifférence placide d'un Michel Houellebecq
vis-à-vis du bonheur "C'est foutu depuis longtemps, depuis l'origine".
Quand ses héros ne se suicident pas, ils explosent sous l'effet de bombes terroristes. En fait, en faisant le choix du nihilisme, Schopenhauer a opté pour l'indémodable.
Il n'est pas "fun", pas dynamique, refuse de faire semblant d'être bien dans sa peau. L'apparence n'a pas de poids dans son regard sévère. Il
préfère nier l'idée de bonheur, plutôt que de s'épuiser à le construire.
Il n'aime pas non plus les grands élans grandiloquents du rationalisme, où tout a du sens et se dirige vers une possible évolution. Il ne
supportera pas la philosophie de Hegel, celui qui a osé offrir une Raison Universelle à l'histoire. Mais quelle idée de mégalomane… Pour Schopenhauer, Hegel n'est qu'un "écrivailleur d'absurdités et détraqueur de cervelle". Avec
Schopenhauer, il n'y a pas d'embrouille. Il détient un stock de phrases lucides, sans fioriture, comme "Après ta mort, tu seras ce que tu étais avant ta naissance" ou "Dans nos pays monogames, se
marier c'est diviser ses droits de moitié et doubler ses devoirs".
Il préfère la vie à l'envers : selon lui, l'acte sexuel et l'amour n'ont pas été inventés par Dieu, mais par le diable. Il écrira
"Illico post coïtum cachinus auditur diaboli" (Aussitôt après l'acte amoureux, on entend rire le diable). Les êtes humains sont dupés par des fausses promesses. Chez Schopenhauer, la vie est même
carnivore : les animaux s'entretuent et se mangent entre eux pour pouvoir survivre.
[Après ça, je comprends que vous n'ayez plus du tout envie d'aller lire Schopenhauer,
mais plutôt d'aller vous shampouiner la tête et croquer dans une guimauve. Quand on lit Schopenhauer, il vaut mieux ne pas être dépressif. Mais, c'est au contraire très recommandé, lorsque l'on a
un chagrin d'amour ou si on a envie de se révolter : un exemplaire "Du néant de la vie" avec un album de Nirvana, et votre mal être partira aussi vite]
Il faut aussi le lire, si vous êtes énervé par les femmes. Vous y trouverez tous les arguments pour les détester. En voici
quelques exemples : "Les femmes ne sont attirantes que lorsqu'elles sont jeunes. Cela dure peu"
ou "L'amour de l'homme décline insensiblement, à partir du moment où il a reçu satisfaction. L'amour de la femme, au contraire, augmente à partir de
ce moment là"…
Des phrases qui feraient hurler de rire les amatrices du feuilleton "Sex & the city"… Comme dirait Carrie: "That's the thing about
needs. Sometimes when you get them met, you don't need them anymore". On n'a pas vraiment l'impression que la femme se distingue de
l'homme quant à ses attentes….
Schopenhauer ferait surtout hurler d'énervement Simone de Beauvoir, qui nie l'existence d'une nature féminine.
D'ailleurs, imaginons ce que pourrait donner un dialogue entre Arthur et
Simone.
Arthur : Ma chère Simone, je ne vous connais pas… Mais il paraît que vous êtes une femme qui défend les autres femmes. Ce que je trouve très étonnant
pour le sexe faible, où les femmes sont très peu solidaires entre elles. J'ai aussi entendu dire que vous étiez contre le mariage, chose très étonnante, car le mariage a été conçu pour les
femmes.
Simone : Arthur, je suis désolée mais je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Le mariage n'a pas été conçu pour les femmes, mais pour mieux les
contrôler et les enfermer dans une vie intérieure dénuée d'intérêt. "Le drame du mariage, ce n'est pas qu'il n'assure pas à la femme le
bonheur qu'il lui promet- c'est qu'il la mutile-il la voue à la répétition et à la routine. La grande excuse de la femme c'est qu'on lui a imposé d'engager dans le mariage tout d'elle-même; elle
n'est rien que "la moitié" de son mari".
Arthur : Vous avez raison
Simone, la femme est un véritable boulet. "La femme exige et attend tout de l'homme".
La nature l'incite à conserver celui qui doit nourrir et protéger ses enfants. Les femmes utilisent les hommes pour se perpétuer et accoucher de rejetons tout aussi sinistres
qu'elles. Depuis la nuit des temps, la femme essaie de mettre le grappin sur l'homme. L'homme doit sombrer dans la petitesse, ce que l'on appelle le
"bien être", le confort, la sécurité, un foyer bien douillet… L'homme doit être un "bon père, bon époux, lâche citoyen, conscience faussée et vénale".
C'est vous les femmes, qui avez inventé titres et mœurs bourgeoises !
Simone : Mon pauvre Arthur, je
pense que vous vous égarez complètement ! Heureusement, que je connais votre vie et votre relation avec votre mère ! Avez-vous songé, ne serait-ce qu'une seule fois, à ce que les femmes ne naissent pas femmes, mais le deviennent… En effet, tout vient de l'éducation. Croyez-vous sincèrement que la femme se complaît naturellement
dans la passivité à attendre le prince charmant ? "La femme c'est la Belle au bois dormant, Peau d'Ane, Cendrillon, Blanche Neige, celle qui reçoit
et subit. Dans les chansons, dans les contes, elle est enfermée dans une tour, un palais, un jardin, une caverne, enchaînée à un rocher, captive, endormie: elle attend. Un jour mon prince
viendra"...
Schopenhauer : chère Simone,
vous êtes si différente de ma mère… Et tellement pertinente ! Vous avez raison : l'amour est un leurre ! C'est le mal. "L'adolescent prêt à mourir pour celle qu'il aime, dont le fier regard n'a
que des éclairs généreux, la Vierge, qui marche dans sa grâce"…
Tous ces scénarii indémodables ne servent qu'à reproduire l'existence, cette volonté de vivre. "Hommes et femmes, sont livrés incessamment à la poursuite infatigable du compagnon qui leur
convient".
Les coups de foudre, l'histoire de "trouver sa moitié" sont des affabulations inventées par les poètes, les romantiques, les artistes… Ce sont tous des charlatans ! Et Platon le premier, avec son
histoire d'hommes androgynes coupés en deux par Jupiter ! Et l'autre, d'ailleurs, avec son best seller, les hommes viennent de mars, et les femmes de Vénus… Quel ensorceleur ! L'amour est une
religion, entretenue par le culte de la beauté…
Simone : Je ne suis pas
d'accord avec vous. Je ne suis pas contre l'amour, mais contre l'institution du mariage. Ceci dit, je suis d'accord avec vous sur un point : la nécessité pour la femme d'être belle. C'est une
véritable dictature imposée dès l'enfance ! On lui inculque dès le plus jeune âge que "la suprême nécessité est de charmer un coeur masculin. Même intrépides, aventureuses, c'est la récompense à
laquelle toutes les héroïnes aspirent; et le plus souvent il ne leur est demandé d'autre vertu que leur beauté".
On comprend alors que le souci de l'apparence physique "puisse devenir pour la fillette une véritable obsession. Il faut toujours être jolie pour conquérir l'amour et le bonheur".
Ce sont les hommes qui sont responsables de ce type d'éducation !
Schopenhauer : Mais, c'est le
minimum qu'un homme puisse demander à une femme ! Nous n'allons quand même pas non plus entretenir des boudins ! Par la suite, les femmes vieillissent et nous avons en plus le devoir de rester
fidèle ! Malicieuses que vous êtes, vous avez alors inventé l'amour spirituel. Les femmes ayant vite compris qu'en vieillissant, elles perdaient de leur charme et donc, de leur pouvoir sur les
hommes… Elles ont inventé le concept marketing de l'amour courtois. C'est ainsi qu'elles ont mimé l'intelligence des hommes pour mieux les asservir. D'ailleurs, n'est-ce pas le succès de votre
relation avec Sartre ? Mais au moins, vous avez eu l'intelligence de tolérer ses aventures avec d'autres femmes.
Simone : Vous êtes sacrément
gonflé ! Mon histoire avec Sartre, est avant tout une belle histoire d'amour, qui a d'ailleurs été rendue possible par l'existence de deux êtres indépendants. C'est notre indépendance, qui a
permis de sauver notre amour de l'ennui et de la routine. La femme est la plupart du temps victime de sa condition. "C'est une pénible condition que de se savoir passive et dépendante à l'âge de
l'espoir et de l'ambition, à l'âge où s'exalte la volonté de vivre et de prendre une place sur terre; c'est dans cet âge conquérant que la femme apprend qu'aucune conquête ne lui est permise,
qu'elle doit se renier, que son avenir dépend du bon plaisir des hommes".
La dame européenne, mondaine et instruite que vous décrivez dans votre livre Parerga et Poralipomena, est une exception et est loin de ressembler à
la majorité des femmes, qui n'ont pas la chance de s'instruire et de s'émanciper. Et contrairement à ce que vous soutenez, je ne pense pas que ce modèle rende les autres femmes malheureuses.
C'est leur condition qui les frustre, et non pas l'espoir de devenir l'égale de l'homme.
Schopenhauer : Pauvre Simone,
vous connaissez décidément bien mal les femmes. Elles sont jalouses et matérialistes. Mais, j'admire votre naïveté. Et d'ailleurs, je vous admire aussi, parce que votre histoire d'amour avec
Sartre, n'a pas eu d'héritier. Vous n'avez jamais voulu donner naissance à un enfant. Votre exemple ferait presque échouer ma théorie sur l'amour, en tant qu'industriel du génie de
l'espèce.
Mais vous n'êtes qu'une exception. Ceci dit, peut-être que Sartre était stérile…
Simone : Non, la maternité
aurait nui à mon émancipation. En tout cas, je peux vous dire que Sartre n'était pas impuissant…
Arthur : Apparemment, Nelson
Algren était un meilleur coup !
Simone : Arthur, je ne vous
permets pas de telles familiarités ! Je mettrais cela sur le compte de vos frustrations multiples. Et pour en revenir à la maternité, je dirai comme les filles de Sex and the city :
"Samantha: Franchement, je trouve ça triste, sa manière d'utiliser un enfant comme moyen de valoriser son existence. Carrie: Tout à fait. Pourquoi est-ce qu'elle n'utilise pas le sexe et un bon cocktail comme le reste d'entre nous?"
Arthur : (Arthur fait mine de
s'étouffer…) Vous défendez ces petites effrontées, qui utilisent les hommes comme de vieilles chaussettes ! Qui jouent aux sex toys et boivent des Cosmopolitans
? Franchement, Simone, vous me décevez.
Simone : Bien, Arthur ? Il n'y
a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
C'est ainsi que se termine le dialogue sulfureux entre l'homme Poissons et la femme Capricorne, qui n'a pas froid aux yeux et qui, d'un coup de
corne, le fait glisser vers sa propre contradiction…
Schopenhauer a pourtant écrit "l'art d'avoir toujours raison". Et aurait pu répondre comme écrit dans ses stratagèmes. "Mais, enfin, Simone,
c'est vous qui n'avez pas changé d'avis ! Puisque vous étiez en avance sur votre temps".
Schopenhauer une dernière question… Que pensez-vous de l'astrologie ?
C'est "La démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme qui lui fait tout rapporter
à lui-même est offerte par l'astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable moi."
Merci. Nous n'en attendions pas moins de votre part.
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