Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 14:17

mefiez_vous_de_la_vierge.jpg… Met en garde le titre du roman d’André Boris, publié récemment aux éditions Flammarion. L’astrologie peut aider à créer des personnages romanesques dont les traits de caractère reprennent ceux des 12 signes du Zodiaque. L’accroche « Vous ne croyez tout de même pas à ces bêtises » amuse.

Dans les romans, tout est permis, y compris dans la littérature « Chicklitt ». André Boris a tenu à démarrer sa série de romans inspirés des 12 signes du Zodiaque par la Vierge, étant lui-même Vierge ascendant Lion. Son personnage principal de signe Vierge : une Charlotte diététicienne et méthodique. Les Vierges ne seraient donc jamais obèses ? Un cliché facile à vérifier !

Méfiez-vous de la Vierge, André Boris, 2011, Flammarion.

Le signe de la Vierge qui va bientôt se terminer le 22 septembre reste difficile à cerner, tant les contradictions vont bon train chez ses natifs. En témoigne le livre « Ironie » du philosophe Jankélévitch natif de la Vierge également comme Hegel. Et peut-être le dernier livre de Beigbeder «Premier bilan après l’apocalypse »…

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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 22:40

C'est ce que l'on peut découvrir dans une interview consacrée par Marjorie Poeydomenge, auteure de Descartes n'était pas Vierge, à L'action littéraire (Jean-Christophe Grellety).

 

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Action Littéraire (AL) : Vous avez suivi des études de philosophie. Vous savez que dans cet espace de sens, il y a, depuis les Grecs, une division entre ce qui relève de la «Raison» et de ce qui est hors de, l'opposition, rationnel/irrationnel, et que depuis longtemps l'astrologie est réputée appartenir à l'irrationnel. Comment expliquez-vous ce cheminement intellectuel qui vous a conduit à valider à priori les principes de sens de l'astrologie, puisque vous avez publié cet ouvrage qui fait le portrait des principales figures de l'histoire de la philosophie à l'aune des principes de l'astrologie ?

 

Marjorie Poeydomenge (MP) : Il est vrai qu’avoir pris la décision de décrire les philosophes par leur signe astrologique est un cheminement intellectuel assez étrange pour une personne attachée à la discipline philosophique et je comprends que cela puisse surprendre ! D’autant plus que je ne suis pas du tout astrologue. En fait, cette idée est née d’un pari que j’avais hasardeusement pris avec un collègue. Il m’avait mis au défi que puisque j’accordais un peu de crédit aux portraits zodiacaux de l’astrologie et que je m’intéressais énormément à la philosophie, de deviner le signe astrologique (solaire) de Kant, Rousseau, Nietzsche etc. D’un point de vue purement statistique, j’avais donc 1 chance sur 12 de « tomber juste ». Et ce fut le cas pour Rousseau (Cancer) et Kant (Taureau). Comment expliquer ce hasard ? Je ne saurais vraiment l’élucider. Mais du coup, cela m’a donné envie d’écrire un livre sur les philosophes et leur signe astrologique. Je me suis dit : pourquoi pas tenter ce pari insolent ?! Certes, complètement en contre-pied du rationalisme pur et dur, mais pouvant également susciter des nouvelles interrogations et proposer des portraits innovants en adéquation avec les portraits zodiacaux connus du grand public. Le projet était stimulant, mais il a fallu énormément d’énergie et de travail pour arriver au bout ! Car il y a très peu de littérature sérieuse sur l’astrologie (mais j’en ai tout de même trouvé, notamment les écrits de Suzel Fuzeau-Braesch) et surtout, il a fallu que j’analyse les théories les plus connues des philosophes pour vérifier si ces dernières coïncidaient avec leur signe astrologique et que je parcoure leur biographie pour tenter de déceler dans leur personnalité des « signes » de leur portrait zodiacal… Au cours de ce travail, même si dans mon livre je n’évoque pas les philosophes grecs (pour la raison toute simple qu’il m’était difficile de m’assurer de leur date de naissance), j’ai été très étonnée de l’influence de la philosophie grecque sur l’astrologie que nous utilisons aujourd’hui. Ainsi pour en revenir à votre question de départ, sur l’opposition entre rationnel et irrationnel, si l’on respecte vraiment l’histoire des idées philosophiques, on devrait connaître (et admettre) le rôle de la philosophie grecque dans la rationalisation de l’astrologie et sa propagation. La philosophie grecque et l’astrologie n’étaient pas à l’époque en opposition. C’est la philosophie grecque qui a contribué à l’idée que l’astrologie pouvait être une « science ». Même les maîtres des mathématiques et de la géométrie comme Pythagore lui ont accordé du crédit et ont favorisé son essor. C’est également Empédocle avec sa théorie des 4 éléments (eau, terre, feu et air) qui a influencé les 4 éléments utilisés en astrologie, et notamment ceux utilisés dans la médecine d’Hippocrate. Mieux encore, c’est Philippe d’Oponte, un disciple de Platon, qui a associé les planètes avec les noms des dieux de la mythologie. Enfin, autre point que j’ai découvert et qui m’a surprise : c’est sous l’influence des stoïciens que les planètes sont devenues des divinités, car l’astrologie allait dans le sens de leur conception de la rigidité du destin. Par conséquent on devrait être sensible à la conclusion de S. Fuzeau-Braesch dans le Que sais-je sur L’astrologie de 1989 : « c’est tout le génie grec scientifique et rationnel qui va induire une nouvelle naissance à la tradition séculaire de l’astrologie chaldéo-babylonienne ». Comment alors prétendre que l’astrologie est à l’origine irrationnelle ? Elle n’est peut-être pas scientifique, mais elle peut être tout à fait rationnelle.

 

AL : Qu'est-ce que pour vous l'astrologie ?

MP : C’est avant tout une grille de portraits psychologiques, représentée par les 12 signes du Zodiaque. Je ne suis pas du tout intéressée par son côté prédictif et n’apprécie pas le concept de « voyance » qui ne fait qu’aliéner notre liberté et nous donner des mauvaises excuses pour ne pas agir ou ne pas se remettre en question. Ce sont les prédictions qui ont le plus desservi l’astrologie. Prédire le futur dérange car il remet en cause l’idée d’un libre-arbitre. Maintenant, nous pouvons admettre qu’il y ait des influences, mais ces influences ne déterminent pas, là est la nuance, pour couper avec le côté sectaire de l’ésotérisme fataliste. L’astrologie est plus proche d’une météorologie que d’une boule de cristal. D’ailleurs, c’est ainsi que la majorité des gens la conçoivent, à travers l’horoscope du journal, qui est né au départ dans la presse américaine et qui a été popularisé en France dans les années 30. L’horoscope est alors entré dans les mythologies de Roland Barthes. L’horoscope n’est pas du tout perçu comme une science, mais les portraits zodiacaux intriguent et suscitent des interrogations. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’au cours d’un dîner ou d’une conversation professionnelle, votre interlocuteur puisse vous demander votre signe astrologique. En dehors de cette vulgarisation des horoscopes qui est certes amusante et légère mais qui n’a au fond aucune crédibilité, j’ai pu découvrir dans mes recherches un univers de l’astrologie bien plus subtil que les caricatures populaires que nous en avons. Rappelons que l’astrologie est née de l’émerveillement des Hommes face au ciel nocturne. Et l’émerveillement, n’est-il pas le point de départ de toute démarche philosophique ? Si l’on réfléchit bien à l’apport de l’astrologie, celle-ci a créé un ordre du temps. Notre calendrier est lié à cette conception du temps. D’ailleurs, il est important pour tout être humain de domestiquer le temps. Notre calendrier est divisé en 12 mois (chiffre 12 qui rappelle le nombre des signes du Zodiaque), qui sont eux-mêmes découpés en semaine de 7 jours, correspondant à une phase de lune. Ainsi, la notion de semaine est liée aux phases lunaires. Les noms des jours de nos semaines tirent leur origine d’un dieu planétaire (Lundi-Lune, Mardi-Mars, Mercredi-Mercure etc.). L’astrologie occidentale (qui dérive en fait de l’astrologie grecque) se fonde uniquement sur le système solaire, appelée « le zodiaque tropical ». Du reste, j’en profite pour faire un petit clin d’œil à l’actualité de ces derniers mois qui a bien « buzzé » dans la presse, depuis l’article de Robert Roy Britt dans Live Science, que tous les signes du Zodiaque seraient faux à cause de la précession des équinoxes. Sans entrer dans le débat de savoir si l’astrologie sidérale (qui définit les signes du zodiaque par rapport à la position des vraies constellations) est plus authentique que l’astrologie tropicale (celle que nous utilisons en Occident, 12 signes égaux de 30°), cette soi-disant découverte est loin d’être une nouveauté ! La précession des équinoxes qui fait bouger la position des constellations avait déjà été découverte II siècles avant J-C par Hipparque, astronome grec ! Il est vrai que l’astrologie a dû mal à gagner en crédibilité, mais si en plus la presse scientifique fait passer pour des découvertes des phénomènes qui ont été découverts des siècles avant J-C, on ne peut pas dire que nous soyons complètement objectifs et neutres vis à vis de cette discipline qui date de 5000 ans ! Un peu de sérieux ne ferait pas de mal, même chez les plus rationnels d’entre nous. Et comme dirait Claude Levi-Strauss, « L’astrologie a été un grand système, car elle a aidé l’homme à penser pendant des millénaires ». Ainsi, un peu de respect pour nos ancêtres n’est pas complètement à proscrire.

 

(Pour information et les astrophiles, c’est bel et bien l’astrologie tropicale que j’ai utilisée dans mon livre comme grille de référence ainsi que le signe solaire, n’en déplaise à Françoise Hardy… Car ce que me reproche F. Hardy, le fait de n’avoir utilisé que le signe solaire comme grille de classification des philosophes, notre chanteuse-astrologue ne se l’est pas appliqué à elle-même, notamment dans son livre Les rythmes du Zodiaque où elle utilise surtout le signe solaire de personnes célèbres. Ainsi, nul n’est parfait…)

 

AL : Depuis la Renaissance, les intellectuels européens ont construit l'idée de l'identité d'un sujet humain qui est, en son cœur même, «libre». Depuis, des études dans des disciplines diverses ont révélé des couches de conditionnement et de détermination, à des degrés divers. Bref, le sujet humain, «libre», est sous influence, multiple. C'est bien ce que vous nous expliquez à propos de ces «philosophes» que vous dépossédez d'une part de leur volonté et intelligence, puisqu'ils veulent s'attribuer tout. Placer la pensée sous la domination d'influences cosmiques comme physiques, est-ce que vous pensez que les professeurs de philosophie peuvent vous entendre et vous comprendre ?

 

Pour lire la suite et télécharger le PDF de l'entretien :
http://jeanchristophegrellety.typepad.com/files/entretienactionlitteraireavecmarjoriepoeydomenge.pdf

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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 08:01

 

Dans l'Histoire des livres, il y a des livres rares, stupéfiants et salvateurs, parce que, au milieu de ceux qui assènent des certitudes dans des genres et des limites prédéfinis, ils permettent d'interroger ces frontières, l'Intelligibilité générale en vigueur C'est ce que réussit à faire le livre de Marjorie Poeydomenge, "Descartes n'était pas Vierge", une Histoire humoristique et sérieuse de quelques philosophes considérée à partir des principes déterminants de l'astrologie...

 

Lire la suite sur le lien suivant (blog L'action littéraire de Jean-Christophe Grellety : link

 

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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 21:39

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Dans "Un roman français ", Frédéric Beigbeder écrit à propos de son frère Charles Beigbeder : "J'ai grandi sous le joug de ce dictateur splendide, mais, Dieu merci, son totalitarisme était tempéré par l'autodérision. Il est né le même jour qu'Adolf Hitler, combien de fois le lui ai-je rappelé ! C'était selon moi, la preuve que l'astrologie est une science exacte".

Le problème d'être du 20 avril est qu'il s'agit d'une date "prise en sandwich" entre le Bélier et le Taureau. Dans certains horoscopes, le 20 avril est compris dans le signe Bélier, et d'autres le placent dans le signe Taureau. L'astrologie n'est donc pas une science exacte ! Aussi sur certains sites web, il est indiqué bizarrement que Charles Beigbeder serait né un 17 avril. De là, deux interrogations possibles : Frédéric Beigbeder connaît-il bien la date de naissance de son frère ou son frère aurait-il volontairement choisi une autre date que celle d'Hitler ?! Bref, le mystère reste ouvert.

 

Quant à Beigbeder, notre écrivain, il est né le 21 septembre. Il serait Vierge ascendant Gémeaux. Des signes qui prédisposent à des qualités de grand communiquant ! La Vierge, très rationnelle, aime jouer avec les contradictions et la dialectique.

 

Descartes quant à lui n'était pas Vierge, mais Bélier ! 

 

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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 10:40

 

 Dans son livre "Ennemis publics" co-écrit avec BHL, Michel Houellebecq se montre bizarrement assez ouvert aux théories astrologiques, se réjouissant d'être né le même jour que Victor Hugo, le 26 février. L'excès de réalisme conduit paradoxalement à être plus souple envers les théories anciennes qui nous offrent des logiques différentes de celles du monde scientifique. Houellebecq confie à BHL : "C'est Nietzsche, je crois, avant de sombrer lui-même, qui suggérait l'idée que l'homme du futur devrait avoir deux cerveaux : l'un pour la science, l'autre pour le reste". Ce qui n'est finalement pas loin de la réalité, puisque notre cerveau est séparé en deux hémisphères droit et gauche.

 

Autre fait intéressant, dans son dernier livre "Le désespoir des singes et autres bagatelles", Françoise Hardy cite Houellebecq sur quelques échanges qu'ils ont pu avoir sur l'astrologie. D'ailleurs dans un entretien accordé à Françoise Hardy en 1999, Houellebecq avoue "Dans le principe, je ne crois pas à l’astrologie, je reste fidèle au raisonnement scientifique, etc., mais je trouve que je ressemble davantage au portrait des Poissons qu’à celui des onze autres, ce qui m’arrange bien, car c’est un Signe assez sympa."   

Le Poissons, un signe assez sympa ? Rappelons au passage que Houellebecq se sent très proche, tant dans la pensée que dans la sensibilité, de notre cher philosophe allemand Arthur Schopenhauer. Or coïncidence étonnante : Schopenhaueur est de signe Poissons également, comme notre cher auteur ayant un contentieux à régler avec sa mère !

 

Schopenhauer, Houellebecq, Kurt Cobain de signe Poissons également, même topo ?!

A vérifier dans le chapitre du livre Descartes n'était pas Vierge, intitulé "Schopenhauer, le poisson d'avril", dévoilé ci-dessous.

 

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Schopenhauer, le poisson d'avril

le 22 février 1788 à Dantzig – 1860, Poissons ascendant Vierge

Le plus pessimiste des philosophes (Philosophe allemand)

La pilule anti-bonheur

Arthur Schopenhauer, vous nous faites peur ! Avec votre regard sévère, vos lunettes à la main, vos cheveux blancs en éventail, nous comprenons que la vie ne vous ait pas comblé. Mais que vous a-t-elle fait, la vie, pour que vous la haïssiez autant ? Schopenhauer est le philosophe de signe Poissons, le plus pessimiste et le plus glaçant. Au moins, il a le mérite d'être clair : "La vie oscille comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui"[1].

Le bonheur, selon lui, ne peut pas exister car tout désir, une fois satisfait et neutralisé, n'aboutit à rien. Manger quand on a faim, permet juste de combler sa faim. Apparemment, Schopenhauer n'a pas pensé qu'en plus de combler un désir, nous pouvions le faire avec plaisir, et éveiller nos papilles gustatives.

Quant à l'amour et la femme, Schopenhauer les déteste car ils assurent la perpétuation de l'espèce, et par conséquent, la reproduction de vies ennuyeuses. Certains psychologues en ont alors déduit que notre philosophe devait souffrir d'impuissance. Mais, le boudoir ou le divan, sont des concepts trop confortables pour son âme saillante.

Qu'importe la cause de son pessimisme ou de sa misogynie, il est un pessimiste forcené, un détracteur, un grincheux, un nihiliste, un tueur d'illusions... Mais sa noirceur est touchante. Son pessimisme est la somme de toutes les frustrations que nous éprouvons parfois sur cette terre. Ainsi, alors que la majorité des êtres humains se situe au milieu, lui, il a placé le curseur sur "down". Avec lui, pas de chute possible, puisque nous sommes déjà en bas. En fait, il pourrait être rangé dans la catégorie du "loser", qui s'assume. Pas de pensée fanfaronne, pas de couleurs chatoyantes, dans son univers gris et stable.

Sa conception des femmes peut néanmoins émouvoir, car elle n'est autre que la description de sa mère futile et arrogante.

Arthur, en tant que signe Poissons, il faut savoir que vous avez tendance à être plus sensible à la fin des choses, au néant. Le Poissons coïncide avec la fin de l'hiver. 

Cher Arthur, Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, Poissons également, que vous n'avez pas pu connaître, est le reflet de votre peur de l'ennui et de la souffrance. D'ailleurs, vous aimez l'idée de Nirvana et la conception bouddhiste de l'existence. Le Nirvana représente pour vous la négation de la volonté de vivre. En fait, vous êtes un philosophe très "grunge" ! Vous auriez pu porter des jeans troués avec un piercing dans le nez, et chanter "Smells like teen spirit". La musique "Heavy Metal" vous va à ravir !

Schopenhauer aurait aussi aimé l'indifférence placide d'un Michel Houellebecq[2] vis-à-vis du bonheur "C'est foutu depuis longtemps, depuis l'origine"[3]. Quand ses héros ne se suicident pas, ils explosent sous l'effet de bombes terroristes. En fait, en faisant le choix du nihilisme, Schopenhauer a opté pour l'indémodable.

Schopenhauer

Il n'est pas "fun", pas dynamique, refuse de faire semblant d'être bien dans sa peau. L'apparence n'a pas de poids dans son regard sévère. Il préfère nier l'idée de bonheur, plutôt que de s'épuiser à le construire.

Il n'aime pas non plus les grands élans grandiloquents du rationalisme, où tout a du sens et se dirige vers une possible évolution. Il ne supportera pas la philosophie de Hegel, celui qui a osé offrir une Raison Universelle à l'histoire. Mais quelle idée de mégalomane… Pour Schopenhauer, Hegel n'est qu'un "écrivailleur d'absurdités et détraqueur de cervelle".  Avec Schopenhauer, il n'y a pas d'embrouille. Il détient un stock de phrases lucides, sans fioriture, comme "Après ta mort, tu seras ce que tu étais avant ta naissance" ou "Dans nos pays monogames, se marier c'est diviser ses droits de moitié et doubler ses devoirs".

Il préfère la vie à l'envers : selon lui, l'acte sexuel et l'amour n'ont pas été inventés par Dieu, mais par le diable. Il écrira "Illico post coïtum cachinus auditur diaboli" (Aussitôt après l'acte amoureux, on entend rire le diable). Les êtes humains sont dupés par des fausses promesses. Chez Schopenhauer, la vie est même carnivore : les animaux s'entretuent et se mangent entre eux pour pouvoir survivre.

[Après ça, je comprends que vous n'ayez plus du tout envie d'aller lire Schopenhauer, mais plutôt d'aller vous shampouiner la tête et croquer dans une guimauve. Quand on lit Schopenhauer, il vaut mieux ne pas être dépressif. Mais, c'est au contraire très recommandé, lorsque l'on a un chagrin d'amour ou si on a envie de se révolter : un exemplaire "Du néant de la vie" avec un album de Nirvana, et votre mal être partira aussi vite]

 

Il faut aussi le lire, si vous êtes énervé par les femmes. Vous y trouverez tous les arguments pour les détester. En voici quelques exemples : "Les femmes ne sont attirantes que lorsqu'elles sont jeunes. Cela dure peu[4]" ou  "L'amour de l'homme décline insensiblement, à partir du moment où il a reçu satisfaction. L'amour de la femme, au contraire, augmente à partir de ce moment là[5]"… Des phrases qui feraient hurler de rire les amatrices du feuilleton "Sex & the city"… Comme dirait Carrie: "That's the thing about needs. Sometimes when you get them met, you don't need them anymore". On n'a pas vraiment l'impression que la femme se distingue de l'homme quant à ses attentes….

Schopenhauer ferait surtout hurler d'énervement Simone de Beauvoir, qui nie l'existence d'une nature féminine.

D'ailleurs, imaginons ce que pourrait donner un dialogue entre Arthur et Simone.

Arthur : Ma chère Simone, je ne vous connais pas… Mais il paraît que vous êtes une femme qui défend les autres femmes. Ce que je trouve très étonnant pour le sexe faible, où les femmes sont très peu solidaires entre elles. J'ai aussi entendu dire que vous étiez contre le mariage, chose très étonnante, car le mariage a été conçu pour les femmes.

Simone : Arthur, je suis désolée mais je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Le mariage n'a pas été conçu pour les femmes, mais pour mieux les contrôler et les enfermer dans une vie intérieure dénuée d'intérêt. "Le drame du mariage, ce n'est pas qu'il n'assure pas à la femme le bonheur qu'il lui promet- c'est qu'il la mutile-il la voue à la répétition et à la routine. La grande excuse de la femme c'est qu'on lui a imposé d'engager dans le mariage tout d'elle-même; elle n'est rien que "la moitié" de son mari[6]".

Arthur : Vous avez raison Simone, la femme est un véritable boulet. "La femme exige et attend tout de l'homme"[7]. La nature l'incite à conserver celui qui doit nourrir et protéger ses enfants. Les femmes utilisent les hommes pour se perpétuer et accoucher de rejetons tout aussi sinistres qu'elles.  Depuis la nuit des temps, la femme essaie de mettre le grappin sur l'homme. L'homme doit sombrer dans la petitesse, ce que l'on appelle le "bien être", le confort, la sécurité, un foyer bien douillet… L'homme doit être un "bon père, bon époux, lâche citoyen, conscience faussée et vénale"[8]. C'est vous les femmes, qui avez inventé titres et mœurs bourgeoises !

Simone : Mon pauvre Arthur, je pense que vous vous égarez complètement ! Heureusement, que je connais votre vie et votre relation avec votre mère ! Avez-vous songé, ne serait-ce qu'une seule fois, à ce que les femmes ne naissent pas femmes, mais le deviennent… En effet, tout vient de l'éducation. Croyez-vous sincèrement que la femme se complaît naturellement dans la passivité à attendre le prince charmant ?  "La femme c'est la Belle au bois dormant, Peau d'Ane, Cendrillon, Blanche Neige, celle qui reçoit et subit. Dans les chansons, dans les contes, elle est enfermée dans une tour, un palais, un jardin, une caverne, enchaînée à un rocher, captive, endormie: elle attend. Un jour mon prince viendra[9]"...

Schopenhauer : chère Simone, vous êtes si différente de ma mère… Et tellement pertinente ! Vous avez raison : l'amour est un leurre ! C'est le mal. "L'adolescent prêt à mourir pour celle qu'il aime, dont le fier regard n'a que des éclairs généreux, la Vierge, qui marche dans sa grâce"[10] Tous ces scénarii indémodables ne servent qu'à reproduire l'existence, cette volonté de vivre. "Hommes et femmes, sont livrés incessamment à la poursuite infatigable du compagnon qui leur convient"[11]. Les coups de foudre, l'histoire de "trouver sa moitié" sont des affabulations inventées par les poètes, les romantiques, les artistes… Ce sont tous des charlatans ! Et Platon le premier, avec son histoire d'hommes androgynes coupés en deux par Jupiter ! Et l'autre, d'ailleurs, avec son best seller, les hommes viennent de mars, et les femmes de Vénus… Quel ensorceleur ! L'amour est une religion, entretenue par le culte de la beauté…

Simone : Je ne suis pas d'accord avec vous. Je ne suis pas contre l'amour, mais contre l'institution du mariage. Ceci dit, je suis d'accord avec vous sur un point : la nécessité pour la femme d'être belle. C'est une véritable dictature imposée dès l'enfance ! On lui inculque dès le plus jeune âge que "la suprême nécessité est de charmer un coeur masculin. Même intrépides, aventureuses, c'est la récompense à laquelle toutes les héroïnes aspirent; et le plus souvent il ne leur est demandé d'autre vertu que leur beauté[12]". On comprend alors que le souci de l'apparence physique "puisse devenir pour la fillette une véritable obsession. Il faut toujours être jolie pour conquérir l'amour et le bonheur[13]". Ce sont les hommes qui sont responsables de ce type d'éducation !

Schopenhauer : Mais, c'est le minimum qu'un homme puisse demander à une femme ! Nous n'allons quand même pas non plus entretenir des boudins ! Par la suite, les femmes vieillissent et nous avons en plus le devoir de rester fidèle ! Malicieuses que vous êtes, vous avez alors inventé l'amour spirituel. Les femmes ayant vite compris qu'en vieillissant, elles perdaient de leur charme et donc, de leur pouvoir sur les hommes… Elles ont inventé le concept marketing de l'amour courtois. C'est ainsi qu'elles ont mimé l'intelligence des hommes pour mieux les asservir. D'ailleurs, n'est-ce pas le succès de votre relation avec Sartre ? Mais au moins, vous avez eu l'intelligence de tolérer ses aventures avec d'autres femmes.

Simone : Vous êtes sacrément gonflé ! Mon histoire avec Sartre, est avant tout une belle histoire d'amour, qui a d'ailleurs été rendue possible par l'existence de deux êtres indépendants. C'est notre indépendance, qui a permis de sauver notre amour de l'ennui et de la routine. La femme est la plupart du temps victime de sa condition. "C'est une pénible condition que de se savoir passive et dépendante à l'âge de l'espoir et de l'ambition, à l'âge où s'exalte la volonté de vivre et de prendre une place sur terre; c'est dans cet âge conquérant que la femme apprend qu'aucune conquête ne lui est permise, qu'elle doit se renier, que son avenir dépend du bon plaisir des hommes"[14]. La dame européenne, mondaine et instruite que vous décrivez dans votre livre Parerga et Poralipomena, est une exception et est loin de ressembler à la majorité des femmes, qui n'ont pas la chance de s'instruire et de s'émanciper. Et contrairement à ce que vous soutenez, je ne pense pas que ce modèle rende les autres femmes malheureuses. C'est leur condition qui les frustre, et non pas l'espoir de devenir l'égale de l'homme.

 

Schopenhauer : Pauvre Simone, vous connaissez décidément bien mal les femmes. Elles sont jalouses et matérialistes. Mais, j'admire votre naïveté. Et d'ailleurs, je vous admire aussi, parce que votre histoire d'amour avec Sartre, n'a pas eu d'héritier. Vous n'avez jamais voulu donner naissance à un enfant. Votre exemple ferait presque échouer ma théorie sur l'amour, en tant qu'industriel du génie de l'espèce[15]. Mais vous n'êtes qu'une exception. Ceci dit, peut-être que Sartre était stérile…

Simone : Non, la maternité aurait nui à mon émancipation. En tout cas, je peux vous dire que Sartre n'était pas impuissant…

Arthur : Apparemment, Nelson Algren était un meilleur coup !

Simone : Arthur, je ne vous permets pas de telles familiarités ! Je mettrais cela sur le compte de vos frustrations multiples. Et pour en revenir à la maternité, je dirai comme les filles de Sex and the city : "Samantha: Franchement, je trouve ça triste, sa manière d'utiliser un enfant comme moyen de valoriser son existence. Carrie: Tout à fait. Pourquoi est-ce qu'elle n'utilise pas le sexe et un bon cocktail comme le reste d'entre nous?"

Arthur : (Arthur fait mine de s'étouffer…) Vous défendez ces petites effrontées, qui utilisent les hommes comme de vieilles chaussettes ! Qui jouent aux sex toys et boivent des Cosmopolitans ? Franchement, Simone, vous me décevez.

Simone : Bien, Arthur ? Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

C'est ainsi que se termine le dialogue sulfureux entre l'homme Poissons et la femme Capricorne, qui n'a pas froid aux yeux et qui, d'un coup de corne, le fait glisser vers sa propre contradiction…

Schopenhauer a pourtant écrit "l'art d'avoir toujours raison". Et aurait pu répondre comme écrit dans ses stratagèmes. "Mais, enfin, Simone, c'est vous qui n'avez pas changé d'avis ! Puisque vous étiez en avance sur votre temps".

Schopenhauer une dernière question… Que pensez-vous de l'astrologie ?

C'est "La démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l'astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable moi."

Merci. Nous n'en attendions pas moins de votre part.

 



[1] Schopenhauer, Le Monde comme volonté et puissance.

[2] Ecrivain de signe Poisson également.

[3] Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte.

[4] Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena, chapitre 27.

[5] Arthur Schopenhauer, Monde comme volonté et comme représentation, chapitre 44.

[6] Simone de Beauvoir, extraits "Le deuxième sexe", Gallimard.

[7] Arthur Schopenhauer, Aphorismes sur l'art de vivre, chapitre 4.

[8] Arthur Schopenhauer, Entretien avec Challemel-Lacour, 1859.

[9] Simone de Beauvoir, extraits "Le deuxième sexe", Gallimard.

[10] Arthur Schopenhauer, Entretien avec Challemel-Lacour, 1859.

[11] Simone de Beauvoir, extraits "Le deuxième sexe", Gallimard

[12] Ibid.

[13] Ibid.

[14] Ibid.

[15] Selon Schopenhauer, l'amour est responsable de la reproduction de la souffrance, la vie étant perçue comme telle. 

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